Performances en laboratoire

On lit ici et là que des expériences ont été menées avec des taux de détection proches de 100% , en tous les cas supérieurs à 50%.

Rien n’est moins vrai. Les données de laboratoire produites en présence de nombreux observateurs et publiées montrent des distorsions énormes entre les bras, c’est à dire des taux de singletons et de doubles non-détections énormes. Le taux de détection brut est loin du 1 %.

C’est après des traitements informatiques , selon des théories surprenantes , que les données rendent les taux annoncés. Il va sans dire que nous sommes explicitement dans des conditions non conformes aux annonces puisque le taux dont nous parlons est celui des paires reçues et analysées sur le nombre total de paires émises. Pouvons nous parler d’observation de corrélations, de quelque nature qu’elles seraient ? Pour affirmer quoi que ce soit, il faut postuler des d’hypothèses supplémentaires. Cependant, chaque équipe expérimentale peut se rassurer en se disant que toutes les autres expériences confirment la sienne.

Les documents sont facilement accessibles mais souvent, une demande écrite est nécessaire pour accéder aux données détaillées. Il faut remercier au passage ces équipes qui partagent leurs données en prenant le risque de critiques peu amènes, comme celle-ci. A leur décharge, ce sont rarement elles qui rédigent les communiqués de presse.

Voici par exemple des données disponibles sur Arxiv pour une expérience donnée à 92% et censée résoudre la problématique de la détection. Les détecteurs analysent un seul canal, les résultats ne peuvent être que Zéro ou Plus . Zéro inclut les non-détections et les Moins. Cela devrait suffire à réduire la portée des conclusions. Continuons.

Les angles sont de \(a1 = 94°4\) , \(a2 = 62°4\) , \(b1 = -6°5\) , \(b2 = 25°5\).

Il faut lire \(N_{11}^{++}\) comme les paires de + avec les rotations de polariseurs 1 chez Alice et 1 chez Bob.

Nombre de paires créées en tout : \(N = 3,502,784,150\)

Paires ou reliquats de paires détectés :

\(N_{11} = N_{100°9} = 875,683,790; N_{11}^{++} = N_{100°9}^{++} = 141,439 \\
N_{12} = N_{68°9} = 875,518,074; N_{12}^{+0} = N_{68°9}^{+0} = 67,941 \\
N_{21} = N_{68°9} = 875,882,007; N_{21}^{0+} = N_{68°9}^{0+} = 58,742 \\
N_{22} = N_{38°9} = 875,700,279; N_{22}^{++} = N_{38°9}^{++} = 8,392 \\\)

Les compléments de \(N_{11}^{++}\) sont \(N_{11}^{00} , N_{11}^{0+} et N_{11}^{+0}\).

Evaluez les différentes valeurs qui en découlent : loi de Malus, taux de détection, marges d’erreur, etc.

Paraissent elles cohérentes ? Tentez de retrouver les valeurs des corrélations en cos² à partir des estimations des compléments. Parler de 92% semble téméraire. L’hypothèse du fair sample n’en sort pas renforcée du tout. Et pourtant, il y a ce titre !

Tout le monde convient que les expériences d’Orsay sont les plus avancées et les plus fiables qui soient. Elles sont juste un peu au dessous de 50%, toujours au dessus de 25%, ce qui n’est pas gênant avec l’hypothèse de fair sample forte.

On dit que c’est mieux pour les électrons et pour d’autres observables comme le décalage dans la fenêtre du temps d’arrivée. Il faudra revenir sur cette expérimentation, décidément encore plus convaincante du contraire.

Pourtant, en ce qui concerne la preuve scientifique de la Bell à photons, il n’y a pas d’autre choix qu’exhiber une expérience avec plus de 83 % de détections de paires présentant une courbe en cos² , pas une approchante comme on en fait en classique avec les mêmes taux de détections. Les plus conservateurs se contenteraient d’un 75 % + un petit peu. Inutile d’en faire des milliards, il vaudrait mieux soigner quelques centaines de milliers de détections puisqu’il y a peu de différences d’angles possibles.